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2/07/2010

Bribes de mots # 2: Le cycle de l'absurde

"Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le "pourquoi" s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. "Commence", ceci c'est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l'éveille et elle provoque la suite. La suite, c'est le retour inconscient dans la chaîne, ou c'est l'éveil définitif.

Au bout de l'éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement.

En soi, la lassitude a quelque chose d'écœurant. Ici je dois conclure qu'elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n'ont rien d'original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l'occasion d'une reconnaissance sommaire dans les origines de l'absurde. Le simple "souci" est à l' origine de tout. De même et pour tous les jours d'une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter.

Nous vivons sur l'avenir : "demain", "plus tard", "quand tu auras une situation", "avec l'âge tu comprendras", ces inconséquences sont admirables, car enfin il s'agit de mourir. Un jour vient pourtant et l'homme constate ou dit qu'il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu'il est à un certain moment d'une courbe qu'il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s'y refuser. Cette révolte de la chair, c'est l'absurde." (Extrait de l'essai Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus)

En somme, l'Homme est voué à se révolter sur soi-même et sur l'insipide monotonie du quotidien. L'exercice de l'éveil de l'esprit commence par l'étonnement qui nous pousse à la réflexion à partir de laquelle surgisse des réponses peu ou prou satisfaisante. Mais l'essentiel n'est-il pas de se poser des questions ??

1/26/2010

Cogitation matinale


Mettre son esprit à nu, piocher dans son âme abyssale jusqu’au plus profond de sa vacuité. C’est un sport quotidien qui nécessite une condition mentale optimum.

Remettre tout en question, se rebeller contre les habitudes et la monotonie, combattre les démons de l’ennui, se désenchainer, s’enchainer et se redésenchainer.

Changer le décor de sa vie et aérer ses idées c’est ce qui fait que l’Homme est un être en perpétuel mouvement intellectuel. En somme, ça ne peut être qu’une forme de nomadisme (intellectuel).

1/20/2010

Impossible

C’est l’histoire d’un éminent érudit qui voulait inculquer à son disciple les rudiments de la sagesse. Il lui demanda d’aller chercher la définition du mot « impossible » dans le dictionnaire qui était étalé sur sa table.

Novice et consciencieux de faire bonne figure devant son maître il s’activa minutieusement dans sa recherche mais en vain.

Après plusieurs tentatives qui se sont soldées par un échec, il retourna bredouille à son maître : "Vénérable sage, c’est impossible le mot impossible n’existe pas dans le dictionnaire".

Le sage lui répondit : "Exact, c’est moi-même qui ait enlevé la page contenant ce mot, il y a de ça vingt ans. Car tout ceux qui s’apprêtent à emprunter le chemin de la sagesse doivent impérativement rayer ce terme de leurs répertoires.

Alors mon fils, c’est la dernière fois que je voudrais t’entendre me dire ce mot, car rien n'est impossible à l'homme qui a un but déterminé veut et décide de l'obtenir.