12/31/2009

Amnesia


Je feuillette les chapitres de ma vie à la recherche de souvenirs enfouis. Une plongée rétrospective dans les entrailles de ma mémoire poreuse.

Hélas, plus rien ne subsiste sauf quelques souvenirs fantomiques que j’essaie, tant bien que mal, d’en coller les fragments. La sentence est irrévocable, avec l’âge je (tu) deviens amnésique.

Néanmoins, il me semble que l’âge n’a rien à voir avec tout cela. Car amnésique, je le suis depuis le début. Depuis ma tendre enfance dont je ne garde que quelques polaroïds éraflés.

Flashback ! Flashback ! Flashback !.............

Les remparts de ma mémoire sont impénétrables. Ça ne sert absolument à rien de se forcer car j’apprends que «Le cerveau humain peut enregistrer environ un million de milliards de bits, soit infiniment plus que n'importe quel ordinateur. Mais à la différence de ce dernier, la mémoire humaine est sélective : elle ne garde que les informations potentiellement utiles.» (Merci Google pour avoir éclairé ma lanterne).

Donc si j’ai bien compris il y a des informations, du vécus et pleins d’autres choses que notre cerveau zippe zappe de son plein gré. Ce processus de tamisage cérébral ne se résume-t-il pas finalement à l’oubli. (سمي الأنسان إنسان لكثرة نسيانه)

L’oubli est un don qui nous permet de (continuer à) vivre dans l’instantanéité et de savourer le moment présent sans être esclave de nos souvenirs, heureuses ou malheureuses soient elles.

D’ailleurs, d’ici quelques heures, l’année 2009 sera balayée par l’inébranlable marche de l’oubli et tirera sa révérence pour laisser placer à consœur 2010. Et comme ceux qui l’ont précédé elle va sombrer dans l’oubli et ne sera que du passé.

En somme, l’oubli c’est le présent.

L’oubli, c’est la vie.

L’oubli, c’est l’oubli...


12/30/2009

Folie



Aujourd'hui, dans le métro, j'ai croisé un fou qui exprimait tout haut ce que la plupart de nous pensait tout bas. On riait majoritairement et les vieilles dames imploraient dieu pour qu’il guérisse.

Mais ces rires « moqueurs » cachaient bien une certaine amertume.

Pour ma part, je l’enviais pour sa folie qui sous d'autres cieux pourrait s'appeler « LIBERTE D'EXPRESSION ». Décidément, chez nous la vérité sort de la bouche des «fous ».


12/28/2009

Insomnia


La télé allumée, mon laptop entre les bras, mon téléphone portable juste à côté de moi. Comme à l’accoutumée, je m’entoure d’objets aliénants auxquels je suis accro et qui sont devenus une condition sine qua non pour mon confort psychologique.

Le bruit du silence est étourdissant. Je n’entends que le craquement des pensées qui se consument dans ma cervelle alourdie par les tracas de la vie. Sincèrement, j’aimerais bien porter plainte contre mes idées pour tapage nocturne car à l’heure qu’il est, je devrais normalement dormir.

J’étais un Voyageur égaré au milieu du monde de l’insomnie, cherchant vainement le chemin qui m’emmènera vers le palais des rêves.

Je pianote sur mon clavier quelques bribes de pensées fugaces que je m’efforce d’immortaliser avant qu’ils ne s’évaporent sans laisser de traces….Sauf qu’étant catalysé par la magie de la nuit ils deviennent de plus en plus voraces et chassent mon sommeil qui n’arrive plus à trouver de place.

12/22/2009

Victime d'intoxication sonore


Les cafés ou les salons de thé ça ne manquent pas au centre ville de Tunis et surtout à l’Avenue Habib Bourguiba où ils foisonnent sur les rives gauches et droites avec leurs armadas de chaises qui ornent le trottoir et barrent la route aux piétons.
Je l’avoue d’emblé, le café matinal est un rituel sacré pour moi. C’est un moment de répit et de méditation. D’ailleurs, je suis depuis de longue date fidèle au même établissement où j’ai mes habitudes et mes repères.
A part quelques infidélités, j’y vais chaque jour pour siroter mon express bien corsé tout en lisant mon journal. C’est un endroit tranquille et la clientèle est assez respectable. Ce petit cadre convivial me permet de rassembler mes idées avant d’entamer ma longue journée.
Aujourd’hui, en passant devant un café qui vient récemment d’ouvrir et qui s’appelle « baba club »
(moche comme nom en plus c’est écrit médiocrement) ma curiosité me poussa à entrer.
Je m’assieds, le serveur ne tarde pas à venir. Je commande un café. Il me le ramène vite fait. Jusqu'à ici, tout va bien. Le service est nickel et le café semble être correct.
Petit à petit, je commence à m’acclimater à l’endroit. J’ouvre mon journal mais il y a un hic qui m’empêche de me concentrer dessus. Un bruit strident et exaspérant émanant d’un téléviseur à écran plat qui est collé au mur. Je jette un coup d’œil sur la télé qui transmettait des clips du chanteur toxicomane Georges Wassouf. On aurait cru être au festival de Carthage, il ne manquait plus que les cris des fans et les « i love you » et « je t’aime Georges ».
J’appelle le serveur et lui demande gentiment de baisser le son. Il s’active de le faire sans aucune objection. Mais voila qu’un autre serveur rouspète en demandant qui est-ce qui a baissé le son et s’empresse d’augmenter le volume. Du coup, les gens sont obligés de hausser la voix au point de crier pour s’entendre ce qui créer un brouhaha insupportable et assourdissant. Ce n’était plus un café mais un véritable souk et vu que ma patience a atteint ses limites, je paye et je sors. Je me suis juré de ne plus y revenir en me disant que c’était le prix à payer pour mon infidélité.
Cette petite mésaventure, me pousse à me demander pourquoi est-t-il assez fréquent dans nos cafés et surtout dans ce qu’ils appellent salons de thé de mettre de la musique
(à fort volume) ?
En tant que client, Je n’ai nullement envi d’entendre de la musique surtout de bon matin, sinon j’aurais naturellement opté pour un concert ou une soirée en boîte de nuit. De plus, ni le cafetier ni le serveur n’a le droit d’imposer ses goûts musicaux à l’ensemble de la clientèle.
Ce genre de phénomène est monnaie courante chez nous et ça ne concerne pas que les cafés mais ça englobe les taxis qui vous obligent à écouter mouzanbik-fm même si vous ne la supporter pas et n’en parlons pas des coiffeurs spécialisés dans les chansons Rai de cheb hossni, nasrou & Co. Sans oublier les marchands de légumes, les gargottes et échoppes fanas de mezoued, et musiques de tout genre. (علي كل لون يا كريمة)
Quand va-t-on arrêter cette intoxication (
pollution) sonore et que chacun fait de son mieux pour écouter sa musique préférée chez lui ou dans son ipod/Mp3. Car ta liberté musicale s’arrête là où commence celle des autres.