3/22/2010

To be a slave or not to be, this is the question ?


"La servitude moderne est une servitude volontaire, consentie par la foule des esclaves qui rampent à la surface de la Terre. Ils achètent eux-mêmes toutes les marchandises qui les asservissent toujours un peu plus. Ils courent eux-mêmes derrière un travail toujours plus aliénant, que l’on consent généreusement à leur donner, s’ils sont suffisamment sages. Ils choisissent eux-mêmes les maitres qu’ils devront servir. Pour que cette tragédie mêlée d’absurdité ait pu se mettre en place, il a fallu tout d’abord ôter aux membres de cette classe toute conscience de son exploitation et de son aliénation. Voila bien l’étrange modernité de notre époque. Contrairement aux esclaves de l’Antiquité, aux serfs du Moyen-âge ou aux ouvriers des premières révolutions industrielles, nous sommes aujourd’hui devant une classe totalement asservie mais qui ne le sait pas ou plutôt qui ne veut pas le savoir. Ils ignorent par conséquent la révolte qui devrait être la seule réaction légitime des exploités. Ils acceptent sans discuter la vie pitoyable que l’on a construite pour eux. Le renoncement et la résignation sont la source de leur malheur."

De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante. L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.

3/14/2010

UsNow : Comment le web a changé nos vies



Un reportage de USNow qui nous explique comment le web social a radicalement changé notre comportement ainsi que notre vision de la vie.

Bribes de mots #4: Le livre du voyage

Nous allons vers le continent. Voilà un port, une immense ville moderne. Survolons-la. Les buildings aux angles droits formentd'indestructibles monolithes

Des troupeaux de voitures fébriles foncent puis s'arrêtent aux feux rouges puis foncent à nouveau. Des troupeaux de piétons, inquiets, foncent puis s'arrêtent aux feux verts puis foncent à nouveau. Ils se croisent dans les avenues. Ils se bousculent, se frôlent, s'évitent de justesse.

De là-haut, cela forme comme un réseau sanguin. Les villes aussi sont vivantes. Elles suent de tous leurs pores des vapeurs d'essence. Dans les étages élevés, tu vois des oisifs penchés aux fenêtres, une tasse de café à la main, qui regardent comme toi dans la rue.

Des couples s'embrassent dans les jardins publics.Des enfants jouent en criant.Des joggers courent. En banlieue, d'immenses usines vomissenten cadence des tonnes d'aliments standardisés qu'on entasse dans des camions.
Dans les quartiers résidentiels, les gens avalent des tranquillisants pour tenir bon. D'autres restent le regard fixe devant la télé .C'est ton monde. À un coin de rue, une fille est en train de se shooter à l'héroïne. Descendons .Regarde son visage, cette fille est complètement en fin de parcours.

En fait, elle essaie...de faire comme toi. De faire sortir son esprit de son corps pour s'envoler.Mais elle se trompe de technique. Elle croit que le poison dans son sang provoquera cette si douce séparation de l'âme et du corps .

Regarde, son esprit ressemble à une mouette engluée dans du mazout. Elle ne peut ni s'envoler ni même déployer ses ailes.Va lui parler. Dis-lui qu'on n'a pas besoin de produits chimiques.

Dis-lui qu'il suffit simplement de le vouloir pour pouvoir décoller. Comment ça, pourquoi je ne lui en parle pas moi-même?

Mais parce que moi je ne suis qu'un livre.Je ne peux agir que sur ceux qui me lisent. Il ne viendrait jamais à l'idée de cette fille qu'il est possible de trouver un réconfort dans un livre.
Je te l'ai déjà dit, je ne peux aider que ceux qui ont envie d'être aidés. Regarde-la, elle n'a pas envie de s'en sortir,elle veut simplement fuir.

Viens, reprenons la route.

[Le Livre du Voyage, Bernard Weber]

2/28/2010

Bribes de mots #3 : la vie c'est un choix

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Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir une putain de télé à la con, choisir des machines à laver, des bagnoles, des platines laser, des ouvres boites électroniques.

Choisir la santé, un faible taux de cholestérol et une bonne mutuelle, choisir les prêts à taux fixes, choisir son petit pavillon, choisir ses amis.



Choisir son survet’ et le sac qui va avec, choisir son canapé avec les deux fauteuils, le tout à crédit avec un choix de tissu de merde, choisir de bricoler le dimanche matin en s’interrogeant sur le sens de sa vie choisir de s’affaler sur ce putain de canapé et se lobotomiser au jeux télé en se bourrant de McDo.

Choisir de pourrir à l’hospice et de finir en se pissant dessus dans la misère en réalisant qu’on fait honte aux enfants niqués de la tête qu’on a pondu pour qu’ils prennent le relais.

Choisir son avenir, choisir la vie.

Pourquoi je ferais une chose pareille ? J’ai choisi de pas choisir la vie, j’ai choisi autre chose. Les raisons ?
Y’a pas de raison. On n’a pas besoin de raison quand on a l’héroïne. (Extrait du cultissime film de Danny Boyle "Trainspotting")

Finally, la vie est faite de choix...

2/07/2010

Bribes de mots # 2: Le cycle de l'absurde

"Il arrive que les décors s'écroulent. Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d'usine, repas, sommeil et lundi mardi mercredi jeudi vendredi et samedi sur le même rythme, cette route se suit aisément la plupart du temps. Un jour seulement, le "pourquoi" s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. "Commence", ceci c'est important. La lassitude est à la fin des actes d'une vie machinale, mais elle inaugure en même temps le mouvement de la conscience. Elle l'éveille et elle provoque la suite. La suite, c'est le retour inconscient dans la chaîne, ou c'est l'éveil définitif.

Au bout de l'éveil vient, avec le temps, la conséquence : suicide ou rétablissement.

En soi, la lassitude a quelque chose d'écœurant. Ici je dois conclure qu'elle est bonne. Car tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. Ces remarques n'ont rien d'original. Mais elles sont évidentes : cela suffit pour un temps, à l'occasion d'une reconnaissance sommaire dans les origines de l'absurde. Le simple "souci" est à l' origine de tout. De même et pour tous les jours d'une vie sans éclat, le temps nous porte. Mais un moment vient toujours ou il faut le porter.

Nous vivons sur l'avenir : "demain", "plus tard", "quand tu auras une situation", "avec l'âge tu comprendras", ces inconséquences sont admirables, car enfin il s'agit de mourir. Un jour vient pourtant et l'homme constate ou dit qu'il a trente ans. Il affirme ainsi de sa jeunesse. Mais du même coup, il se situe par rapport au temps. Il y prend sa place. Il reconnaît qu'il est à un certain moment d'une courbe qu'il confesse devoir parcourir. Il appartient au temps et, à cette horreur qui le casait, il y reconnaît son pire ennemi. Demain, il souhaitait, quand tout lui-même aurait du s'y refuser. Cette révolte de la chair, c'est l'absurde." (Extrait de l'essai Le Mythe de Sisyphe d'Albert Camus)

En somme, l'Homme est voué à se révolter sur soi-même et sur l'insipide monotonie du quotidien. L'exercice de l'éveil de l'esprit commence par l'étonnement qui nous pousse à la réflexion à partir de laquelle surgisse des réponses peu ou prou satisfaisante. Mais l'essentiel n'est-il pas de se poser des questions ??

1/31/2010

Bribes de mots #1: The beginning

Bribes de mots sera une chronique dominicale, qui comme son nom l’indique tournera autour des mots, et où j’essaierai de retranscrire l’ensemble de citations, de paroles, de fragments d’articles, d’expressions, de dictons, de passages de lectures qui bien évidemment m’ont marqué tout au long de la semaine.

Ça sera un rendez-vous dominical qui piochera dans les entrailles des mots afin d’en extraire toute la magie qu’ils recèlent.

Après cette brève présentation, passons aux choses sérieuses.

Extrait du livre de Normand Baillargeon : "Petit cours d'autodéfense intellectuelle"

"La première chose qu’il faut faire, c’est prendre soin de votre cerveau. La deuxième est de vous extraire de tout ce système d’endoctrinement. Il vient alors un moment où ça devient un réflexe de lire la première page de La Presse du L.A. Times en y recensant les mensonges et les distorsions, un réflexe de replacer tout cela dans une sorte de cadre rationnel. Pour y arriver, vous devez encore reconnaître que l’État, les corporations, les médias et ainsi de suite vous considèrent comme un ennemi : vous devez donc apprendre à vous défendre. Si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle." ( Noam Chomsky)


Cet ouvrage constitue une véritable initiation à la pensée critique, plus que jamais indispensable à quiconque veut assurer son autodéfense intellectuelle. D'ailleurs je suis à la recherche de ce livre pour tout ceux qui savent où peut-on le trouver.