9/29/2009

La Part de l'autre - Eric-Emmanuel Schmit

« 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé. »
Un évènement que l’on peut considérer comme anodin mais qui réellement affecta le cours de l’histoire.
« La part de l’autre » est un livre, le moins que l’on puisse en dire, attachant et troublant à la fois. L’auteur, Eric-Emmmanuel Schmitt nous brosse la biographie romancée d'Hitler en parallèle avec une biographie uchronique d'Adolf H.
Il a réussit à faire cohabiter au sein de son roman deux Hitler. Celui qu’a connu l’humanité : l’artiste raté, l’ancien clochard, le soldat incapable de prendre du galon, l’agitateur de brasserie, le putschiste d’opérette, l’amant vierge des foules, le fou sanguinaire, l’autrichien devenu allemand prenant la tête d’un des pays les plus riches et les plus cultivés d’Europe.
Et celui qu’il aurait pu être s’il avait réussi le concours d’entrée à l’école des beaux-arts de Vienne : un artiste à la recherche de soi-même, peintre de l’école surréaliste et ardent défenseur du sionisme ce qui est radicalement opposé à Hitler l'originel qu'on connait tous.
Schmitt aborde de multiples sujets, assez diverses et variés. Amitié, amour, haine, trahison, pauvreté, art et fragments de vies se côtoient pour constituer un roman à la fois historique et philosophique qui nous laisse que songeur sur la part de l’autre.
Et oui ! Nous avons tous une part d’ombre qui échappe à notre contrôle. Une bête qui sommeille en chacun de nous et qui peut surgir à n’importe quel moment, il suffit juste d’un évènement déclencheur. C’est une guerre perpétuelle entre le bien et le mal, la raison et la folie, l’eau et le feu.
Et pour conclure un petit extrait qui résume à merveille ce dilemme :
« Il veut comprendre, comprendre que le monstre n'est pas un être différent de lui, hors de l'humanité, mais un être comme lui qui prend des décisions différentes. Depuis ce jour, l'enfant a peur de lui-même, il sait qu'il cohabite avec une bête violente et sanguinaire, il souhaite la tenir toute sa vie dans sa cage »
Mais la bête même si on l’apprivoise, elle garde toujours son coté bestialo-sauvage…à cogiter !

9/16/2009

Vision chaotique

Des cris, des douleurs, des craintes, des larmes, des déceptions, des guerres, des crises, des pandémies et de l’amertume et du silence. Un silence mélodieux et abyssal émanant des fins fonds de nulle part. Le monde est en ébullition, le monde est stone. Mon cerveau crache des pensées grisâtres qui hantent mes cauchemars et mon présent. Le chaos règne en maître absolu. Le cercle vicieux métro-boulot-consumérisme-réseaux sociaux-télé-dodo se resserre de plus en plus. J’étouffe, je suffoque, je ballote entre ce je suis et ce que je voudrais être. Je cherche la bonne porte qui m’emmènera au bout du tunnel, l’escalier qui me mènera vers les cimes de la gloire. En attendant les éclaircies, le soleil et le beau temps place maintenant à la pluie, à l’hiver et au vent.

9/14/2009

La rentrée

Une foule compacte et dense déambulait dans les artères principales de la ville. Cris d’enfants, vrombissements de voitures et hurlement des vendeurs à la sauvette : le décor était bel et bien posé pour la dernière scène ramadanesque de cette année et qui se jouait à guichet fermé.

Malencontreusement pour les uns et heureusement pour les autres, ramadan en agonie rend son dernier souffle en entrainant dans son sillage l’été pour y laisser place à l’Aid et à la rentrée qui approchent à grand pas.

Finies les veillées ramadanesques et estivales, finies les parties de cartes au sein d’une atmosphère cancérigène, fini le fainéantisme et le « tkarkir » (même si ça n’en finit jamais), finies les longues files d’attentes à la boulangerie ou au super marché, finie la «pseudo-hachicha » et les visages ternes au petit matin, fini l’abêtissement devant nos postes de télés à ingurgiter des feuilletons indigestes entrecouper par un torrent de spots publicitaires intensifs et sans répits.

Après toute cette effervescence un peu d’accalmie serait le bienvenu. Surtout que nous terminons cette saison sur une note un peu salée ou le consumérisme a atteint des sommets vertigineux. Le pauvre consommateur (pas si pauvre que ça) ne sait plus où donner de la tête entre l’été, le ramadan , l’aid et la rentrée il lui faudrait une sacré bourse pour face à toutes ses dépenses.

Somme toute, après avoir joué à la cigale pendant tout l’été, il est temps de suivre l’exemple de la fourmi pour ne pas crier famine en hiver. Et vivement la rentrée et le retour à un rythme moins endiablé.



9/02/2009

Mendier, mais à quel prix ?

L’article (ici) rapporte qu’un mendiant tunisien s’est fait volontairement couper la main afin d’apitoyer les âmes généreuses. Il prétend qu’être infirme, sur le marché ultra-concurrentiel de l’aumône, ça rapportait gros. Mais allez jusqu'à l’amputation pour gagner des sous c’est de la cupidité vorace et aveuglante.

Décidément, ce fléau ne cesse de s’aggraver. On les voit partout. Qu’ils soient au métro, à l’entrée des supermarchés ou devant les mosquées ils sont toujours à l’affût d’un généreux donateur qui sera embobiné par leurs slogans qui vous déchirent le cœur. Et spécialement pendant ce mois saint de ramadan qui est considéré comme la haute saison du menditisme.

Néanmoins, laissez-moi préciser qu’il ne s’agit que de vils imposteurs qui profiteraient de la bonté des autres au détriment des gens qui, eux, sont vraiment dans la nécessité. Hélas, ces derniers on ne les remarque plus car ils sont asphyxiés par cette horde de sangsues en proie d’argent facile et au moindre effort. Tout cela, laisse notre charitable donateur assez perplexe face à une telle situation et en se remémorant notre vieux adage populaire « arnab itkor âla halouf » il décide malheureusement de garde son argent dans son portefeuille et de mettre tout le monde dans le même sac.